Dans le cadre du week-end Massilia Sounds à la Philharmonie de Paris, trois orchestres d’Île-de-France du réseau de la Confédération Musicale de France – l’Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines (78), la Musique de Créteil (94) et le Swing Parisis Orchestra de Cormeilles-en-Parisis (95) – ont participé à Bal Canto, un bal-fanfare chanté participatif, dirigé par le saxophoniste et compositeur Raphaël Imbert et accompagné de Marion Rampal, Manu Théron et Kebbi Williams.

Pendant plusieurs mois, 200 musiciens professionnels et amateurs de tous niveaux ont travaillé ensemble autour d’un répertoire inspiré des traditions musicales de la Méditerranée. C’est dans la Grande Salle Pierre Boulez, le 22 février 2026, que tout ce travail a pris vie sur scène, devant un public nombreux et enthousiaste !

Plusieurs participants des orchestres de la CMF ont accepté de partager leur expérience.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer au projet Bal Canto ?

Les participants s’accordent sur deux motivations principales : d’un côté, l’opportunité de monter sur la scène de la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris en tant qu’amateur ; de l’autre, la singularité d’un projet participatif, mêlant amateurs et professionnels autour d’un répertoire inhabituel et d’une méthode de travail originale.

« L’opportunité inédite de pouvoir jouer dans la Grande Salle Pierre-Boulez à la Philharmonie de Paris. Mais aussi l’expérience musicale et humaine : partager avec d’autres musiciens d’orchestre. » — Isabelle, Swing Parisis Orchestra

« La participation à un projet original, au sein d’un orchestre éphémère et participatif réunissant amateurs et professionnels, dirigé par un chef atypique et autour d’un répertoire inhabituel pour nous. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

« Un projet aux antipodes de mes références et pratiques musicales, et bien sûr, jouer dans la mythique salle Pierre Boulez. » — Musique de Créteil

Comment s’est déroulée cette aventure ?

Les conditions d’accueil et d’organisation de la Philharmonie de Paris ont été unanimement saluées : un accueil soigné, des conditions dignes des professionnels, une équipe attentive dès la première répétition.

« Un vrai orchestre de professionnels. Un éclairage de professionnels. Une organisation de professionnels. » — Dominique Desjardins, Musique de Créteil.

De son côté, Raphaël Imbert a su créer l’adhésion autour de son projet, y compris chez les participants les plus déroutés au départ.

« Au début, j’avais du mal à voir où le projet allait : des musiciens de niveaux très différents, une approche par l’improvisation que je ne connaissais pas… Et puis dès la troisième répétition, je me suis pleinement investi, curieux de voir où Raphaël Imbert voulait nous emmener. » — Dominique Desjardins, Musique de Créteil

« Je me demandais si j’allais réussir, mais Raphaël a utilisé une bonne méthode, ce qui m’a permis d’être à l’aise le jour du concert final. » — Musique de Créteil

Comment décririez-vous le travail du répertoire avec Raphaël Imbert et sa méthode de travail ?

Au cœur du projet, Raphaël Imbert a su embarquer 200 musiciens de tous niveaux dans son univers mêlant répertoire méditerranéen, jazz, improvisation et compositions personnelles. Sa pédagogie bienveillante et ludique a fédéré les musiciens et les a mis en confiance.

« Raphaël Imbert est un pédagogue généreux, bienveillant, enthousiaste, un réel passeur, un passionné passionnant. Faire improviser près de 200 musiciens amateurs demande une sacrée dose de confiance en sa pratique de chef d’orchestre, mais aussi dans le groupe. C’est très valorisant pour tous. » — Isabelle, Swing Parisis Orchestra

« Il a su nous faire voyager et nous laisser une grande liberté d’interprétation. Son dynamisme, son charisme, ainsi que sa participation active — ponctuée d’anecdotes et de moments d’improvisation au saxophone — ont facilité le travail dans une ambiance très stimulante. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

« Il nous a appris à faire de la musique vivante, pas des croches, des doubles croches, mais des sons posés qui faisaient un accord. On peut faire de la musique en pensant la musique autrement. » — Dominique Desjardins, Musique de Créteil

Photographies prises lors des répétitions par les participants.

La méthode proposée — travail à l’oreille, pupitres mélangés, improvisation — a parfois bousculé les habitudes, mais rarement découragé.

« Je l’ai vécu comme une remise en question de mes références musicales, et ça fait énormément de bien pour progresser. » — Musique de Créteil

« Le travail à l’oreille a pu surprendre, notamment pour les musiciens habitués à lire exclusivement la partition. Il a sorti certains participants de leur zone de confort, tout en valorisant les musiciens autodidactes. L’improvisation n’a pas été réservée à une élite et a permis de révéler certains jeunes musiciens ou amateurs discrets. Cette méthode, nouvelle pour beaucoup, a finalement permis à tous de progresser et de gagner en confiance. Le fait d’apprendre par cœur et d’oser improviser a constitué un véritable défi. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

« Le plus marquant a été cette liberté de jouer, d’improviser à plusieurs en même temps et que ça sonne juste. » — Isabelle, Swing Parisis Orchestra

Parmi les découvertes de cette méthode de travail, la « mimophonie » — technique permettant au chef de générer en temps réel des accords et variations harmoniques par des signes — a particulièrement marqué les participants : « La “mimophonie” a été une véritable découverte, permettant de générer, selon l’inspiration du chef, des accords et des variations harmoniques. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

Au-delà de Raphaël Imbert, les interventions de Marion Rampal, Manu Théron et Kebbi Williams ont également laissé une forte impression : « Musicalement, des moments intenses lors des interventions de Marion Rampal ou Manu Théron. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

Qu’est-ce que cette approche vous a apporté en tant que musicien ou musicienne ?

Bal Canto a été riche d’apports sur le plan musical — une nouvelle façon d’aborder la pratique, une écoute affinée, plus de liberté. Se détacher de la partition, travailler à l’oreille, improviser : autant de défis qui ont bousculé les habitudes et laissé des traces durables.

« Plus d’écoute, plus de concentration… et plus de liberté d’exécution ! » — Musique de Créteil

« Cette expérience nous a amenés à nous détacher de la partition, ce qui a permis une écoute beaucoup plus fine de ce qui se passe autour de nous musicalement. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

« Cela m’a permis de faire confiance à mon oreille… et de changer de prof de sax pour aller vers une pédagogie plus axée sur l’improvisation ! » — Isabelle, Swing Parisis Orchestra

L’aventure a également permis de tisser des liens durables entre les orchestres, avec l’envie partagée de créer de nouveaux projets ensemble : « Nous sommes tous d’accord pour garder contact, faire des échanges entre orchestres ou nous entraider pour le prêt de musiciens. » — Christine, Swing Parisis Orchestra

L’anti sèche des trompettes pour la mimophonie

Kebbi Williams et un musicien

Quel souvenir marquant gardez-vous du concert et de cette aventure ?

Après plusieurs mois de répétitions, les musiciens ont pu fouler la scène de la Grande Salle Pierre Boulez pour le concert final devant une salle comble, venue danser et partager la fête. Un aboutissement à la hauteur de l’aventure.

« Je me suis dit : ça n’arrivera qu’une seule fois dans ma vie, en tant que musicien amateur. » — Christine, Swing Parisis Orchestra

« Un arc-en-ciel d’émotions — l’entrée sur scène, les regards et sourires des personnes dans le parterre, l’énergie galvanisante, puissante, nuancée, festive, universelle de ce moment de partage. » — Isabelle, Swing Parisis Orchestra

« Les premiers applaudissements dans la Grande Salle Boulez : un moment particulièrement fort et émouvant. La sortie silencieuse, suivie de larmes partagées entre musiciens éphémères, restera également un souvenir marquant. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

« Le concert : osmose entre les musiciens et le chef d’orchestre, voire avec les solistes, le partage avec le public, une fête et une grande émotion. » — Line, Swing Parisis Orchestra

« Le public dansait, les gens jouaient vraiment le jeu. C’était vraiment un Bal Canto. » — Dominique Desjardins, Musique de Créteil

« Mon meilleur souvenir, c’est l’enthousiasme que j’ai vu sur l’ensemble des musiciens, tous subjugués par ce concert. Quel moment de partage ! » — Dominique Desjardins, Musique de Créteil

« De cette expérience, je retiens de nouvelles rencontres, l’émotion à chaque répétition en franchissant “l’entrée des Artistes” de ce lieu magique, presque sacré… et une nouvelle façon de jouer qui me semblait inaccessible avec mes 3 petites années de pratique. » — Isabelle, Swing Parisis Orchestra

En ouverture du concert, une déambulation en extérieur….

…avant d’investir la Grande Salle Pierre Boulez où le public a participé à cette grande fête !

Si vous deviez résumer l’expérience Bal Canto en quelques mots, que diriez-vous ?

Et pour finir, les participants résument mieux que tout l’esprit de l’aventure :

« Jouer dans la Grande Salle Pierre Boulez a été un moment exceptionnel sur le plan émotionnel, musical et de partage. » — Vincent, Swing Parisis Orchestra

« Une expérience exceptionnelle de partage humain et musical. Un projet unique, extraordinaire, mémorable, et profondément à renouveler. » — Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines

« Une expérience géante et géniale, à la fois humaine et musicale, totalement hors du commun. » — Musique de Créteil

Des musiciens CMF sur la scène de la Philharmonie de Paris

Dans les coulisses des répétitions

Amateurs et professionnels sur la scène de la Philharmonie de Paris

Les musiciens et musiciennes de l’Harmonie de Saint-Quentin-en-Yvelines avec Raphaël Imbert