Congrès 2021

4 juillet, en visioconférence

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Partenariat avec la MGEN à travers la signature d’une convention de mécénat :

Pour mémoire, une première convention avait été signée le 7 décembre 2018, pour un an. Celle-ci s’accompagnait d’une aide financière de 50 000 € et portait donc sur l’exercice 2019. Comme vous le savez, ce partenariat définit 3 axes d’intervention :

  • 1/la prévention des risques auditifs, ceux liés aux pathologies de la voix et les TMS (troubles musculo-squelettiques)
  • 2/les actions de sensibilisation et de formation aux principes de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire),
  • 3/les actions de promotion et d’accès à la musique et à la culture en direction des publics qui en sont éloignés.

Après un bilan des actions que nous avions menées donc sur 2019 et plusieurs échanges avec notre partenaire et notamment après la réunion de bilan avec Eric Chenut 1er Vice-président de la MGEN le 23 avril 2020, nous avons obtenu que cette convention ne soit plus annuelle mais triennale, ceci afin d’avoir une meilleure lisibilité de nos actions sur la durée. Bien que nous ayons signé cette convention seulement le 26 octobre 2020, en raison de la pandémie et de ses contraintes sanitaires, celle-ci est rétroactive et s’appliquera donc pour l’année 2020. Elle se traduit notamment par une aide renouvelée de 50 000 €. Cette Convention de mécénat expirera donc au 31 décembre 2022.

L’opération « Concerts Solidaires » en partenariat avec le Secours Populaire Français, la MGEN et l’ESPER :

La pandémie a fortement impacté la dynamique qui était en train de s’amorcer à travers plusieurs belles initiatives portées par plusieurs d’entre vous. Concernant le Concert Solidaire inaugural de cette opération qui aurait dû avoir lieu le 10 novembre dernier à Bobino, nous n’avons eu d’autres choix que d’envisager malheureusement son report.

Nous souhaitons avec vous tous, relancer cette opération des Concerts Solidaires et c’est ainsi qu’un concert inaugural aura lieu le 8 novembre prochain non pas à Bobino comme initialement prévu – ceci pour des raisons de (re)programmation des spectacles annulés en 2020 – mais au Théâtre Déjazet, toujours à Paris avec les mêmes formations musicales qui auraient dû se produire l’an passé, en particulier celle des Gardiens de la Paix.

La présence de la CMF au sein de l’ESPER :

La CMF siège au Conseil d’administration de l’ESPER depuis 2019 aux côtés des grandes associations d’Education Populaire et de l’Economie Sociale et Solidaire. L’ESPER est une organisation qui regroupe ses membres autour d’une approche commune de l’Economie sociale en particulier pour l’Ecole. L’ESPER a vocation à valoriser cette approche dans une vision transversale qui, pour la construire, souhaite davantage d’interactions entre les organisations membres. Actuellement l’ESPER travaille tout comme la CMF sur son projet associatif. La présence de notre association au sein de cette instance nationale est importante du point de vue de notre reconnaissance, de notre image et de notre positionnement politique au sens noble du terme. De plus, cette démarche s’inscrit pleinement dans notre nouveau projet associatif et stratégique que Ludovic vous présentera plus en détail tout à l’heure.

Le Pôle prévention :

Comme vous le savez, nous avons souhaité et ceci en lien avec la convention de partenariat qui nous lie à la MGEN créer un pôle dédié à la prévention des risques.

Jean-Yves PAQUELET et Emilie CHAVIGNER d’Audition Solidarité, Corinne LOIE, ancienne chanteuse lyrique et aujourd’hui orthophoniste, chargée de mission pour la MGEN pour les troubles de la voix et Thierry GOUGAM, chirurgien orthopédiste et traumatologue, spécialiste de la prise en charge des pathologies des musiciens ont accepté de travailler à nos côtés sur la mise en place de ce pôle prévention.

Nous avons constitué un groupe de travail qui s’est réuni à plusieurs reprises par visioconférence afin de réfléchir à un plan d’actions en termes de sensibilisation et de prévention.

Afin de nous aider à mieux définir les contenus des différentes formations ainsi que les stratégies de prévention que nous pourrions mettre en place dans les mois à venir nous vous avons adressé, via notre newsletter, un questionnaire dans le but d’évaluer vos connaissances, de cerner vos attentes et vos besoins.

Après analyse de ce questionnaire il apparait que :

En ce qui concerne la question des risques auditifs, les répondants sont majoritairement âgés de plus de 40 ans et sont plutôt dans une pratique musicale en amateur.

Une majorité souhaite des informations sur la prévention auditive, et en particulier sur les bons conseils pour prendre soin de leurs oreilles et sur le niveau de décibels des instruments. Les informations sur le fonctionnement de l’oreille (tout comme pour le fonctionnement de la voix) intéressent moins les personnes interrogées. On sait pourtant qu’il est essentiel de connaître l’oreille pour pouvoir la protéger.

75% des répondants ne portent pas de protections auditives : il nous parait donc important à l’avenir de présenter les solutions de protections spécifiques à la musique.

90% des répondants seraient prêt à diffuser le message de prévention. Une diffusion par les enseignants est capitale.

Il serait sans doute intéressant de mettre en relation la fatigue vocale avec l’audition. En effet, on sait que lorsqu’on a une perte d’audition, on a tendance à forcer plus sur sa voix en parlant plus fort (exemple : fatigue en fin de journée).

Concernant les troubles de la voix :
Nos adhérents chantent en majorité depuis très longtemps, dont plus de 25 ans pour 46,7% et entre 10 et 14 ans pour 26,7%.

Ils pratiquent pour moitié le chant choral et pour l’autre moitié le chant soliste et ont un pupitre fixe pour 69,6% qui leur convient pour 88,4% d’entre eux.

La majorité des sujets sont des femmes soprano (38%), suivis des mezzos (24%) et des barytons (12%). Comme on le sait, les voix graves et les ténors sont minoritaires, ce qui est habituel.

La majorité n’exerce pas de fonction supplémentaire en tant que chef de chœur.

On constate donc une fidélité à la pratique du chant, avec probablement un profil d’amateurs éclairés, possédant un pupitre auxquels ils sont habitués et qui semble leur convenir.

Néanmoins, 58% environ, soit plus de la moitié disent avoir des difficultés vocales récurrentes ou ponctuelles en voix chantée.

Pour 40% ces difficultés viennent après avoir longtemps chanté. Mais pour 43%, l’origine des troubles n’est pas identifiée.

89% n’ont jamais consulté !

 Ceux qui ont une idée les attribuent à :

  • Un mauvais usage de leur souffle (33%)
  • La fatigue vocale (33%)
  • Une fragilité ORL (30%)

Mais 33% ne savent pas !

En dépit d’une pratique souvent longue, la moitié souffre de fatigue vocale quand ils chantent trop longtemps, ce qui est normal en soi. Cependant, là encore, ils sont très nombreux à ne pas savoir comment expliquer les troubles.

On peut donc supposer que la plupart n’ont pas de connaissances suffisantes sur le fonctionnement et l’hygiène vocales et que d’autres ont des habitudes délétères, comme chanter trop longtemps.

Sans surprise, le souffle semble être l’origine de leurs problèmes, ainsi que la fatigue vocale ou une fragilité ORL.

 

60% des personnes qui ont répondu seraient favorables à des actions de prévention des troubles de la voix (quand 26 % ne savent pas)

Elles aimeraient y avoir des éléments de :

  • Technique vocale pour l’écrasante majorité (73,7%)
  • D’hygiène vocale (71,1%)

Elles aimeraient également avoir des renseignements sur les personnels soignants à fréquenter en cas de trouble vocal

En conclusion, il apparait que les chanteuses, les chanteurs sont stables dans leur pratique et ont identifié un pupitre qui semble leur convenir.

Cependant, à l’observation des données, on peut supposer que le fonctionnement de la voix et les règles d’hygiène vocale qui en découlent sont probablement peu connus et les comportements vocaux pas toujours adaptés. Par ailleurs, ils ne semblent pas être au fait des personnels responsables de la santé vocale. Ce sont sur ces points qu’il nous apparaitrait important d’axer les actions.

La demande de nos adhérents porte cependant sur la pratique vocale, ce qui ne surprend pas. Compte-tenu de votre expérience, il nous apparait important d’être exigeant sur les formats et les apports à proposer dans ces actions qui devront, d’après nous, laisser une petite place à l’écoute individuelle en situation.

Enfin pour les troubles musculo-squelettiques (TMS) :

Les personnes ayant répondu sont en grande majorité des adultes, dont 66% ont plus de 25 ans et pratiquent plus de 5 h de musique par semaine.

31% d’entre elles semblent souffrir de troubles musculo-squelettiques avec une prédominance sur le rachis et les membres supérieurs, ce que l’on retrouve dans notre pratique quotidienne. Il y a donc un gros travail de prévention à réaliser.

On peut noter également une grande méconnaissance de nos adhérents (pour 83 %) sur la dystonie du musicien, il y aura donc là aussi un important travail d’information et de sensibilisation à mener sur le sujet.

Vous l’aurez compris, tout cela nous amène à nous intéresser sérieusement à ce sujet de la prévention des risques chez les musiciens et surtout à nous interroger sur la responsabilité de la CMF dans sa prise en compte.

En effet, ce sujet qui relève d’une question de santé publique ne peut être ignoré par une grande fédération nationale de pratique musicale comme la CMF. Il est plus que souhaitable aujourd’hui que nous promouvions et que nous menions des actions de sensibilisation, de prévention autour de ces différentes pathologies liées à l’activité musicale.

Enfin et pour conclure, nous allons certainement ajouter un nouveau volet que nous n’avions pas pris en compte jusqu’alors et qui nous parait important également : celui relatif à la question du mental, de la gestion des émotions, du stress. Nous évoquerons ce sujet le 10 septembre prochain, lors de la prochaine réunion de notre groupe de travail.

Thierry Bourguignon
Premier Vice Président de la CMF