Propos recueillis par Caroline Rainette

15 avril 2021

Formé et diplômé aux conservatoires de Nantes (classe de Mrs R.P. Josso puis J.Coupé), d’Angers (classe de M. Monville), de Rueil-Malmaison et de Boulogne-Billancourt, Thierry enseigne actuellement cet instrument au Conservatoire à Rayonnement Départemental du Choletais. Chargé de la direction d’orchestres de jeunes, il anime de nombreux stages et participe à des concerts au sein de plusieurs ensembles de musique de chambre et de musique symphonique. Il fait notamment partie du Quatuor de l’Atelier créé grâce à l’atelier Doucet. Il a récemment pris la direction de l’orchestre Angissimo.

Racontez-nous votre parcours

Nantais d’origine, je suis altiste et professeur d’alto, mais j’ai commencé la formation musicale et le piano simultanément grâce au suivit assidu de ma mère. Ensuite, j’ai commencé l’alto en sixième et continué le piano en parallèle jusqu’à la fin du collège. Je ne viens pas du tout d’une famille de musiciens, et pourtant nous sommes quatre enfants, tous musiciens : une sœur pianiste et professeure de formation musicale (auteure d’ouvrages sur la formation musicale), une autre violoncelliste et professeure de musique au collège, enfin un frère professeur de violon au conservatoire de Clermont-Ferrand. Pour ma mère, la musique était une saine occupation, mais sans visée professionnelle au départ ! Avec ma sœur aînée, nous avons commencé la musique dans une association musicale, avant que le professeur de piano ne conseille à mes parents de nous faire intégrer le conservatoire de Nantes.

A quel moment avez-vous décidé que la musique serait votre métier ?

Au départ, j’ai suivi le cursus du conservatoire surtout pour être avec les copains du conservatoire dans le parcours CHAM pour passer un Bac F11. Après le Bac, j’ai quitté le conservatoire de Nantes avec une Médaille d’’Argent en Formation Musicale et un second prix en alto. Je suis alors entré au conservatoire d’Angers où j’ai eu un premier prix d’alto. Ensuite je suis parti en région parisienne, à Rueil-Malmaison, où j’ai obtenu un deuxième « premier prix » d’alto. Puis j’ai été au conservatoire de Boulogne-Billancourt, où j’ai eu un troisième « premier prix » d’alto. A l’époque il était possible de les cumuler, j’en ai donc profité, pas seulement pour compiler les prix mais aussi pour rencontrer beaucoup de personnes, professeurs, personnalités musicales. A Boulogne-Billancourt, où j’ai terminé mes études, mes professeurs m’ont clairement dit qu’ils me faisaient confiance, que tout était possible à travailler, et c’était tout ce que je voulais. J’ai alors investi les studios de travail du conservatoire et travaillé comme jamais. J’ai fait beaucoup de musique de chambre (jusqu’à 3 groupes en simultanés), d’orchestres, et j’ai d’ailleurs eu un premier prix de musique de chambre en quatuor à cordes. Le basculement professionnel s’est fait au moment où mon professeur de Boulogne m’a dit que je pouvais me lancer dans la vie professionnelle et qu’il fallait que je développe ma propre personnalité musicale et que « techniquement » je pouvais le faire. Cela a été un déclic. La confiance est depuis devenue mon leitmotiv avec mes élèves, c’est ce que je leur répète : allez-y, je sais que vous êtes capables, mais uniquement avec un travail de fond élaboré ensemble et individualisé !

J’enseigne depuis 1992, d’abord en région parisienne et sur Cholet (car peu d’heures étaient proposées à la fois ; il fallait créer la classe puis la développer pour avoir plus d’heures l’année suivantes),puis dans les écoles de musiques de Cholet et de la région (Les Sables d’Olonne, Saint Hilaire de Riez, Saint Sébastien sur Loire, Beaupréau, La Pommeraye, Les Herbiers et quelques autres). Depuis septembre 2021, je suis à temps complet au conservatoire du Choletais. J’ai eu l’occasion de diriger des orchestres très variés, notamment des ensembles à cordes de tous niveaux.

Dans le Choletais et les Mauges, il n’y avait pas beaucoup d’orchestres à cordes, voire aucun, ni beaucoup d’enseignements pour les cordes dans les écoles ; quelques professeurs de violon, malgré tout, enseignaient seuls dans leurs écoles de musique et constituaient des orchestres de violons. Afin de développer les cordes sur Cholet et ses alentours, un des directeurs a souhaité créer un orchestre « de pays», et m’a missionné. Etant alors professeur dans différents établissements, j’ai fait en sorte que les élèves pratiquants les cordes dans les écoles de musique des alentours participent à cet orchestre à cordes et que nous puissions faire un ou deux concerts par an. Prouvant ainsi que les cordes des différentes écoles pouvaient travailler ensemble, avec quelques productions de qualité, il devenait essentiel de continuer à développer les cordes, ouvrir et développer les classes d’alto, de violoncelle et de contrebasse. Un orchestre de pays s’est alors créé, l’Orchestre à cordes des Mauges ; aujourd’hui cet orchestre à cordes est devenu l’Orchestre Symphonique des Mauges et existe pour le grand plaisir des élèves et des professeurs qui ont grand plaisir à faire se retrouver leurs élèves et à se retrouver car les professeurs y jouent également, aux côtés de leurs élèves. Par ailleurs, il y a une vingtaine d’années, j’ai créé un stage d’orchestre à cordes, qui existe aujourd’hui encore à Chemillé-en-Anjou. La 20ème édition de ce stage aura lieu en août 2023.

En septembre 2021, j’ai présenté ma candidature pour le poste de chef d’orchestre d’Angissimo, à Angers, où j’ai été retenu après à un entretien et une épreuve de direction. Mon profil me semblait correspondre à ce que l’orchestre recherchait, il était d’ailleurs spécifié qu’il fallait avoir des connaissances dans les cordes. C’était cependant un défi, teinté d’appréhension, car je n’avais jamais dirigé d’orchestre symphonique. De plus les œuvres proposées au sein de l’ensemble montrait qu’il était d’un très bon niveau. Aujourd’hui je découvre encore les immenses possibilités d’un orchestre symphonique, et c’est avec bonheur que chaque semaine je retrouve les musiciens d’Angissimo !

C’est un orchestre amateur de grande qualité, tant pour les cordes que pour l’harmonie, les percussions, la jeune harpiste qui nous accompagne avec bonheur. Cet orchestre a un bel avenir et peut prétendre à faire de belles choses. C’est un vrai plaisir de les faire travailler, il y a une écoute, une attente de l’ensemble de l’orchestre.

Le travail avec l’orchestre se fait toujours dans la concertation, l’écoute, la discussion

Quel répertoire allez-vous faire travailler à l’orchestre, et comment avez-vous choisi les œuvres pour le concert du congrès ?

Pour le congrès il s’agit d’un programme que l’on a déjà donné, avec l’objectif d’aller musicalement encore plus loin. Nous allons jouer la Symphonie Inachevée de F. Schubert, Chanson de Nuit et Chanson de Matin d’E. Elgar, l’Allegretto (2nd mouvement) de la 7ème Symphonie de L. van Beethoven, et pour finir la Valse triste de J. Sibelius. C’est une thématique classique, souhaitée et décidée par la commission musicale que nous avons créée avec les musiciens, où l’on discute des programmes à venir et des envies de chacun.

Le travail avec l’orchestre se fait toujours dans la concertation, l’écoute, la discussion. On fait des essais sur une proposition, j’essaie de convaincre les musiciens que telle ou telle version est mieux, mais je n’impose jamais rien. Je me mets à la portée de chacun, et c’est d’ailleurs exactement la même chose avec un orchestre professionnel.

Pour finir, avez-vous une anecdote à nous raconter lors de votre carrière, qui vous a marqué, ému ou amusé ?

Ce n’est pas vraiment une anecdote, mais je suis ému à la fin de chaque répétition d’Angissimo, en voyant le travail accompli, qui se passe en toute simplicité et dans le plaisir de jouer ensemble. Il y a aussi les belles rencontres, notamment ma rencontre en tant qu’élève avec le professeur d’Angers qui m’a encouragé par sa confiance et poussé à continuer !

La dernière anecdote que je pourrais citer, c’est que je remercie chaque personne, chaque professeur, chaque personnalité que j’ai pu rencontrer dans ma vie. Toutes ces personnes font partie de moi et m’ont fait, m’ont façonné tel que je suis aujourd’hui…même si, dans un premier temps, tout n’est pas facile à recevoir… mais la vie continue et me proposera très certainement de nouvelles rencontres à faire, afin d’évoluer encore.

L’Orchestre symphonique d’Anjou « ANGISSIMO »

L’orchestre symphonique d’Anjou, Angissimo, compte une quarantaine de musiciens amateurs passionnés. Il a pour objectif de rendre la musique symphonique accessible au plus grand nombre.

Cet orchestre a fêté ses cent ans d’existence en 2019. Voici son histoire…

En 1919 la guerre vient de se terminer, la vie reprend ses droits. À Angers, quelques musiciens férus de musique éprouvent le besoin de se livrer à la pratique de l’orchestre. Ils se rassemblent pour former un petit orchestre à cordes. La formation officielle de cet ensemble voit le jour le 25 août 1920. L’orchestre à cordes s’enrichit de quelques musiciens de l’harmonie. Bien vite cet ensemble est assez important pour constituer un orchestre complet.

En 1922, on fêtait partout le centenaire de la naissance de César Franck, le nouveau groupe d’amateurs angevins prit naturellement le nom d’Orchestre Symphonique César Franck, d’autant que le chef qui en avait la direction, Monsieur Charles Leroy, était belge et liégeois, tout comme le célèbre musicien.

La société fonctionna régulièrement avec succès jusqu’en 1939, donnant tous les ans son grand concert de gala, soit à la salle du Grand Cercle, soit à la salle Saint René. La guerre (1939-1945) et l’occupation obligèrent la société à restreindre ses activités.

La libération lui redonna un nouvel élan, sous la direction respective de Charles Leroy et de son fils Marcel Leroy. Le décès de Charles Leroy en 1954 interrompit cette ascension et la fit retomber dans un profond sommeil. Marcel Leroy avec patience et ténacité assura la succession axée à partir de 1946 sur la musique de chambre et ce jusqu’en 1969, date du décès de Marcel Leroy.

En 1970, Monsieur René Boivin, chef de l’Harmonie Municipale, fut sollicité pour relancer et sortir la « César Franck » d’une longue éclipse. Il réussit à regrouper un nombre suffisant de bons amateurs et l’orchestre retrouva un certain élan.

Monsieur José Marco, jeune retraité de l’Orchestre National des Pays de Loire, qui fût entre autres contrebassiste soliste de cet orchestre et professeur de contrebasse au Mans, accepte en 1994 de prendre en charge l’Orchestre César Franck, avec pour mission de redonner vie à cet orchestre.

Pendant 10 ans, José Marco dirigea l’orchestre « César Franck ». En 2004, Michel Monville, altiste au sein de l’orchestre César Franck et lui aussi retraité de l’Orchestre Nationale des Pays de Loire, dirige conjointement les musiciens de la « César Franck ».

Avec dynamisme, son sens de la relation, il a su communiquer son amour pour la musique, mais aussi faire passer l’amitié et la convivialité indispensables à la bonne marche d’une association.

C’est en 2008 que Monsieur Monville laisse sa place à Monsieur Patrick Albers, clarinettiste et directeur musical adjoint. Patrick Albers est secondé par Monsieur Jean-Marie Nourry, directeur adjoint, l’orchestre est en nette progression, bon nombres d’amateurs ont rejoint la « César Franck » enchantés de trouver un nouveau répertoire et une nouvelle ambiance sous son nouveau nom « ANGISSIMO » Créé en 2014, l’orchestre Angissimo a pour objectif de rendre la musique symphonique accessible au plus grand nombre. Angissimo est une association loi 1901 basée à Angers, qui compte une quarantaine d’adhérents.

En septembre 2019, Monsieur Francis Vantomme clarinettiste et chef d’orchestre prend la direction pour une année d’Angissimo. Son emploi très chargé l’oblige à laisser sa place à Alexandre Lagoutte jeune chef d’orchestre. Les années 2020 et 2021 sont fortement perturbées par la pandémie du Covid et tous les concerts sont annulés. En septembre 2021, Thierry Baraud prend la direction de l’orchestre.
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