La famille des percussions est extrêmement vaste et très ancienne : elle s’est développée tout au long de l’histoire de l’humanité. La particularité commune de tous les instruments qu’elle regroupe est leur mode de jeu : ils sont joués avec les mains ou avec des baguettes ou d’autres accessoires. Ils peuvent être frappés, mais aussi frottés, secoués, entrechoqués, etc. Certains instruments ont des hauteurs déterminées, comme tous ceux de la famille des claviers (marimba, xylophone, glockenspiel, vibraphone, etc.) ou les timbales et les gongs par exemple. D’autres ont des hauteurs indéterminées, c’est à dire qu’on ne peut pas leur associer une note claire (la majorité d’entre eux) : batterie, tambours, maracas, shaker, castagnettes, triangle, tambour de basque, claves, bongos, congas, cymbales, djembé, cajon, wood block, taïko, etc. Ils sont fabriqués avec une multitude de matériaux : bois, métaux, peaux animales, peaux en plastique, graines, courges séchées, etc. Enfin, on peut également produire des sons avec son corps (c’est la percussion corporelle), avec de nombreux objets du quotidien (balais, boîtes de conserve, casseroles, bouteilles en verre, canettes, et pourquoi pas même jeux de cartes comme le font le groupe Stomp ou Les Percussions de Strasbourg !) et avec des instruments électroniques (très utilisés dans les musiques actuelles). Un percussionniste a un terrain de jeu infini !!

La percussion a toujours été présente dans les musiques de danses, de transe, de rituels et de cérémonies. À partir du 17e siècle, elle apparaît également dans les musiques d’opéras et les symphonies pour renforcer la dramaturgie (scènes d’orages par exemple), apporter une couleur particulière (triangle, tambour de basque, grosse-caisse, etc.), souligner un ostinato rythmique, etc. Au début du 20e siècle, des compositeurs commencent à écrire des œuvres où la percussion a un rôle de plus en plus soliste. Par exemple, Ionisation d’Edgard Varèse est une pièce pour treize percussionnistes et 37 instruments (dont deux sirènes de pompiers et un piano utilisé comme instrument à percussion) : cette pièce écrite en 1929 et s’inspire des bruits de la ville de New York. Au cours des cinquante dernières années, de nombreux ensembles constitués uniquement de percussionnistes se sont constitués, comme Stomp, Les Percussions de Strasbourg ou Les percussions clavier de Lyon. Il existe également un répertoire fourni pour percussion solo, c’est-à-dire des pièces très virtuoses pour percussionniste seul, comme des oeuvres pour marimba, pour timbales, ou pour de grands ensembles d’instruments (mais joué par un seul musicien !). Vous pouvez vous amuser à retrouver les instruments à percussion dans les musiques que vous écoutez, ils sont partout, dans tous les styles de musique : musiques du monde, traditionnelles, baroque, classique, contemporaine, mais aussi dans le jazz, le rock, la pop, le hip-hop, le rap, le reggae……… !

  • Art BLACKEY, solo de batterie

  • Kevin SEDIKI, Balafon, avec Bijan Chemirani et Kevin Sediki

  • Jean-Philippe RAMEAU, Les Indes Galantes, extraits, orchestre « Les Siècles » (les percussions entrent à 2’32)

  • Ludwig van BEETHOVEN, Symphonie n°9, orchestre philharmonique de Radio France (essayer d’écouter les timbales, elles ont un grand rôle à jouer !)

  • Johannes BRAHMS, Symphonie n°1, orchestre de la Radio de Francfort (là aussi les timbales ont un grand rôle à jouer !)

  • Georges BIZET, Carmen, Suite pour orchestre n°1, orchestre Philharmonique de Manheim (essayer de repérer tous les petits instruments à percussion et la couleur qu’ils apportent : cymbales frappées, triangle, tambour de basque, grosse-caisse, etc.)

  • Edgard VARÈSE, Ionisation, pour treize percussionnistes, Ensemble Intercontemporain

  • Yoshihisa TAïRA, Hierophonie V, Percussions de Strasbourg

  • Camille SAINT-SAËNS, Danse macabre, transcription pour piano et marimba avec Fanny Azuro et Adelaïde Ferrière

  • Jean-Sébastien BACH, Gavotte 1 et 2, Suite pour violoncelle en ré Majeur, BWV 1012, transcription pour marimba, Jean Geoffroy

  • François SARHAN, Homework, pour percussionniste et son corps, Jennifer Torrence

  • Michaël JARREL, Assonance VII, pour percussionniste solo, Vassilena Serafimova

  • Iannis XENAKIS, Rebonds B, pour percussionniste solo, Emmanuel Curt

  • STOMP, Brooms (une pièce avec uniquement des balais brosses !)

  • John CAGE, Living Room Music, pour percussionnistes et objets du quotidien, version des Percussion de Strasbourg