Né en 1978, Alexandre KOSMICKI a obtenu le prix de ville de Paris en analyse musicale en 1999. Cette même année, il est entré au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans les classes d’écriture et y reçoit l’enseignement de professeurs de renommée internationale comme Jean-François Zygel, Thierry Escaich ou encore Bernard de Crepy.

Trois premiers prix en harmonie, contrepoint et fugue ainsi qu’un premier prix en orchestration sanctionneront ses études au conservatoire de Paris.

Profondément attaché au répertoire des orchestres à vent, il cherche à l’élargir en composant des œuvres originales empreintes d’une esthétique française. Ses œuvres sont régulièrement imposées dans des concours nationaux et internationaux.

Également chef d’orchestre, il est aujourd’hui chef de musique adjoint à la musique des Équipages de la flotte basée à Toulon.

Alexandre Kosmicki parle de son œuvre

Les mouvements frénétiques sont inspirés d’émotions et de sentiments très variés que j’ai voulu transcrire en musique. J’ai souhaité décrire l’exaltation et la spontanéité de ces sentiments. L’œuvre est écrite en trois mouvements dans lesquels les émotions sont parfois poussées à l’extrême, parfois désordonnées, mais jamais confuses.

Le premier mouvement, relativement court, met en évidence un enthousiasme débordant, voire une excitation. Dès le début, l’auditeur est plongé dans un optimisme certain.

Le second mouvement débute par un dialogue plutôt interrogatif entre les 2 bassons et les 2 clarinettes solistes. Une partie de l’orchestre les rejoint, mais le discours semble stérile. L’orchestre ne parvient pas à trouver son chemin, il s’impatiente. C’est quand, enfin, il trouve une issue favorable que la deuxième partie est inopinément exposée. Celle-ci apparaît comme sortie d’un rêve. Le contraste de caractère est saisissant : le temps semble suspendu, inexistant… Pourtant, il reprendra son cours un bref instant avec le retour du dialogue, mais cette fois, uniquement avec les deux clarinettes. On se demande alors si le rêve a bien existé…

Le final débute avec une certaine férocité. Cette férocité se double d’un agacement et d’une nervosité conduisant le discours dans une frénésie et une impétuosité certaine. L’orchestre, déchaîné et bouillonnant, va trouver sa voie dans une véritable euphorie, fil conducteur de ce final. La musique est très rythmée, elle semble être dans un état d’excitation extrême, proche de la transe.

Une courte accalmie permet de reprendre ses esprits. Mais assez rapidement l’auditeur est à nouveau plongé dans divers rebondissements. L’orchestre retrouve l’excitation extrême que la panique vient parfois perturber. Cela caractérise ainsi la fin de l’œuvre qui, néanmoins, se conclut sur une pointe d’ironie.

Chaque mouvement a sa propre difficulté. Dans le premier, il est important de le rendre vif, agile et dynamique. Une certaine fluidité est également à rechercher dans les différents échanges entre les pupitres, notamment dans la partie centrale du développement. Le deuxième mouvement demande, quant à lui, une rigueur rythmique lors des parties rapides.

Enfin, il est important de souligner une certaine complexité dans les changements de mesures du dernier mouvement, complexité conjuguée avec un tempo extrêmement rapide. De plus, des difficultés rythmiques assez différentes se rencontrent dans quasiment tous les pupitres de l’orchestre. À cette difficulté rythmique, se conjuguent parfois des difficultés de techniques instrumentales. Mais ce sont bien ces difficultés qui viendront habiller la structure rythmique de cette musique en lui donnant ainsi tout son éclat.

Après avoir assimilé ces difficultés, il convient d’être acteur des différents sentiments et émotions afin de déclencher, je l’espère, une certaine frénésie dans les applaudissements !

Avoir une de ses œuvres imposées à un évènement comme celui-ci est bien sûr exaltant pour un compositeur. Mais cela va bien au-delà : c’est une grande fierté et aussi une reconnaissance de mon travail. Ce travail que je mets en œuvre depuis des années, dans lequel j’invertis mon temps, mon inspiration et mes connaissances. Ce travail qui est plus qu’une passion, ce travail dans lequel je livre mon « moi » le plus intime. Ainsi, cette reconnaissance me permet d’avancer et de poursuivre dans cette formidable aventure qu’est la création ! Un grand merci à la CMF et à l’AFEEV pour leur soutien et bonne chance à tous les orchestres !