Afin d’enrichir le répertoire de l’orchestre d’harmonie et de promouvoir la carrière de jeunes compositrices, La Sirène a créé en 2020 un concours international sur le thème “Miroirs”, destiné aux compositrices de moins de trente-cinq ans. Pensé sous la forme d’un atelier-concours, ce projet vise à sensibiliser les compositrices aux spécificités de l’orchestre d’harmonie, à faire connaître et reconnaître cette écriture. Ainsi, les candidates ont bénéficié d’un accompagnement pendant leur phase de composition. Au cours d’un processus de sélection en deux temps, le jury a étudié 37 candidatures de 16 nationalités différentes. Trois lauréates (Silvia Berrone, Lisa Heute, Diana Ortiz) ont été nommées pour composer chacune une œuvre originale d’environ 7 minutes pour orchestre d’harmonie amateur de niveau 3e cycle. Une commande a également été passée auprès de la marraine du concours, Violeta Cruz, pour une œuvre originale d’une durée de 15 minutes.

La remise des prix eu lieu à l’issue de la création des œuvres le 3 avril 2022, après la délibération du jury et du recueil des votes du public. Retour en image sur le concours !

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Découvrez les œuvres primées

Jury : Violeta Cruz (présidente), Maxime Aulio (chef invité), Pedro Garcia Velasquez (représentant de BabelScores©), Pascale Jakubowski (représentante de l’association Plurielles 34), Jane Latron et Grégoire Michaud (représentant.es de l’équipe de direction musicale de La Sirène), Alice Cherrier et Iseline Peyre (représentantes des musicien.nes de La Sirène)

Télécharger le programme du Concert Reflets de femmes

Des reflets, réfractions et renoncements (De Reflejos, Refracciones y Renuncias), 1er prix du concours et prix du public

Pianiste et compositrice, diplômée de l’Université Nationale de Colombie, Diana Ortiz a remporté plusieurs concours de composition, parmi lesquels “Plataforma 28” de l’Orchestre symphonique national de Colombie et “CD la nueva música Sinfónica Colombiana” de l’Orchestre symphonique de l’EAFIT.

En 2020, elle a été sélectionnée comme lauréate du “Prix de composition instrumentale de répertoires pédagogiques” de l’Institut des Arts de Bogota. Elle s’intéresse actuellement aux questions de genre, d’art et de décolonisation et travaille comme coproductrice au Festival Mujeres en la Música Nueva.

Le miroir, en tant que confrontation avec soi-même, avec ses vanités, représente, notamment pour les femmes, un fardeau social structurant depuis l’enfance. Il intervient dans la construction de l’identité et influence les aspects de soi-même auxquels il faut renoncer. La rencontre avec le miroir est une rencontre de soi dans le regard des autres et non la rencontre intime à laquelle on s’attendrait. La lumière, en tant qu’intermédiaire entre l’objet et son reflet provoquent la réfraction, et les renoncements naissent de cette confrontation. Musicalement, le miroir peut être rythmique, harmonique, gestuel, mélodique.

La pièce crée des textures permettant d’explorer ces idées avec des palindromes, des “accords réfléchis” tout en étant nourrie des musiques traditionnelles du nord de la Colombie.

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Polissage, 2e prix

Silvia Berrone a commencé très jeune ses études de piano, avant de se consacrer au monde de la composition. Elle a étudié à Pavie et à Turin avant d’intégrer le CNSMD de Lyon.

En 2020, sa pièce Ire est interprétée par le New Gates Trio, et son oeuvre pour brass band, Tiritera, fait l’objet d’un enregistrement CD par les étudiants du Conservatoire de Turin sous la direction de M. Della Fonte, diffusé par Rai Radio 3 Cultura. Son quatuor à cordes et électronique Arctium Machina, composé en collaboration avec Guglielmo Diana, a été sélectionné pour le Matera Intermedia Festival 2020.

La pièce est inspirée par le geste artisanal du polissage du miroir sur les métaux. Cette technique particulière exige que la surface métallique soit travaillée à l’aide de brosses spéciales, avec des mouvements circulaires constants alternant avec des mouvements linéaires. L’évolution du geste artisanal, au début nécessairement décidé, apte à travailler la matière encore brute, se traduit par une évolution sonore claire, bien que délicate. Ainsi, l’apparent vacarme initial prend peu à peu forme, puis se dépouille de l’excès de matière et se transforme en un son fin, aigu et lucide.

L’ensemble de la pièce a une structure en miroir qui se développe sur trois moments principaux faisant ainsi dialoguer la naissance de fragments mélodique et des composantes bruyantes avec un amincissement progressif de la matière. Le geste sonore devient ainsi un geste artisanal renouvelé.

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Et aucun ne me refléta, 3e prix

Lisa Heute est compositrice et accordéoniste. Elle a suivi un cursus de Master de composition au CNSM de Lyon, et en accordéon à l’ESM Bourgogne Franche-Comté.

Ses influences sont issues de différentes esthétiques, à l’image de la richesse de son parcours et de sa formation : Georg Friedrich Haas, Gérard Grisey, György Ligeti, Keith Jarrett, Bill Evans… Elle aime explorer les liens entre la musique et d’autres arts, et s’inspire souvent d’oeuvres extra-musicales.

Elle écrit pour le Choeur et l’Orchestre de jeunes des Champs-Elysées (2020) ou encore l’ensemble Ars Nova dans le cadre du projet Mosaïque (2020).
“Je vis des yeux tout proches, interminables, qui s’observaient en moi comme dans un miroir”, Jorge Luis Borges, L’Aleph

Inspirée par cette citation et par l’univers littéraire fantastique de Borges, l’oeuvre évoque l’atmosphère mystérieuse d’un rêve, au travers d’une multitude de miroirs déformants, dans lesquels on recherche en vain son propre reflet. L’image se transforme sans cesse. La pièce fait entendre une marche inéluctable dans un univers d’abord suspendu et flottant puis bouillonnant, rythmique et puissant.

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Née à Bogota en 1986, Violeta Cruz étudie la composition dans sa ville natale, puis à Paris dans les classes de Jean-Luc Hervé, Stefano Gervasoni, Yan Maresz et Luis Naon. Elle a également suivi le cursus de composition et d’informatique musicale de l’Ircam. En 2020, elle a obtenu le Prix de la Fondation Francis et Mica Salabert et le Prix Pierre Cardin de l’Académie des Beaux-Arts.

Le travail de Violeta Cruz inclut des pièces instrumentales, vocales, électroacoustiques et des « objets sonores », des machines mécaniques au comportement rythmique partiellement aléatoire qui fournissent un contrepoint visuel, scénique voire tactile au monde abstrait des sons. Ses propositions interrogent les rapports entre son et matière, s’intéressant particulièrement aux matières élémentaires, tels que l’eau et la lumière. Dans ses pièces elle met en relation des éléments concrets et figuratifs de la culture populaire, avec des éléments abstraits de la musique de tradition écrite.

L’idée originelle pour l’écriture de cette pièce était celle d’un espace vaste que l’on parcourt et qui peut se montrer froid et impersonnel, ou au contraire, familier, somptueux ou solennel. Tout part d’une fascination pour l’art des architectes, consistant à créer des émotions et des sensations par le biais de volumes, des propriétés des matériaux, des dimensions et proportions, de la lumière… L’oeuvre a été imaginée à partir d’un parcours à l’intérieur d’une grande maison, mais la musique en train de naître dépassait petit à petit cette vision. L’espace était vraiment plus vaste, immense. C’était plutôt le ciel.

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